BRAM VAN VELDE (1895-1981)

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BRAM VAN VELDE (1895-1981)

Sans titre, 1977, Arles ou Grimaud (?)

Lavis d'encre de Chine et de gouache sur chiffon gélatiné lavis B de Canson, signé au pinceau BRAM v V en bas au centre

Washed China ink and gouache on gelatined wipe lavis B by Canson, signed with brush BRAM v V lower center

120.5 x 149.5 cm

47 1/4 x 59 1/16 in.

Nous remercions Rainer Michael Mason pour son concours à la rédaction de cette fiche.


PROVENANCE

Atelier de l'artiste

Collection Jacques Putman, Paris

Collection Adrien Maeght, Paris

Acheté en 1989 à la Galerie Artcurial, Paris

Collection privée, Paris


EXPOSITIONS

Barcelone, 11 octobre - novembre 1978, Galeria Maeght, Bram van Velde · Retrospectiva 1908-1978, no 40

Dordrecht, 13 janvier - 25 février 1979, Dordrechts Museum, Bram van Velde · Retrospectieve 1907 -1978, no 43

Paris, 7 - 15 octobre 1989, FIAC, Artcurial, Bram van Velde, p. 19

Genève, 25 janvier - 7 avril 1996, Musée Rath (Musées d'art et d'histoire), Bram van Velde


Peintre au style unique et inclassable, Bram van Velde, naît en 1895 aux Pays-Bas et meurt en 1981 à Grimaud. Sa vie sera marquée par la misère matérielle et mentale, l’errance de pays en pays et le manque de reconnaissance artistique. Toutefois, par sa persévérance et le caractère unique et radical de son art, il bénéficiera à la fin de sa vie de la reconnaissance des institutions et du public, qui lui avaient tant manqué. Peintre prometteur dès ses jeunes années, il est soutenu par les Kramer, une famille de collectionneurs, propriétaire d’une manufacture de peinture industrielle dans laquelle il travaille. Avec leur soutien financier et leurs encouragements, Bram van Velde se rend en Allemagne de 1921 à 1924, il y découvre les expressionnistes allemands, puis les oeuvres de Matisse et Picasso à Paris entre 1924 et 1931. Il y rencontre aussi l’écrivain et poète Samuel Beckett, qui restera son ami et un soutien inlassable, Beckett sera aussi un des principaux exégètes et diffuseur de l’oeuvre de Bram van Velde.

De 1932 à 1936, Bram van Velde s’installe à Majorque avec sa première épouse qui y mourra accidentellement. Fuyant les débuts de la guerre civile espagnole, c’est en région parisienne qu’il s’établira en 1936. Il restera en France lors de l’Occupation et ne peindra plus durant cette période qu’il vit très mal en menant une vie de misère. Comme les artistes français abstraits de son époque, il est marqué par la guerre et les vicissitudes de son temps. Il affirme : « Je ne fais pas de la peinture. Je tâche de rendre visibles les phénomènes de notre époque ».

En 1948, le galeriste Aimé Maeght l’expose aux côtés de son frère Geer à Paris ainsi qu’à New-York dans le cadre d’un accord avec le galeriste américain Samuel Kootz. Le public ne sera pas au rendez-vous et Maeght se séparera de Bram van Velde et en 1952 Aimé Maeght ne renouvellera pas leur contrat de collaboration. Repéré au même moment par le critique d’art Jacques Putman, qui deviendra un fidèle ami et soutien, Bram van Velde s’installe même chez lui un temps. Les deux amis sont d’ailleurs inhumés côte à côte dans le cimetière de Grimaud. Il se rend également en Suisse, où il connaîtra enfin la reconnaissance qui lui avait manqué jusqu’ici, comme en témoigne sa première rétrospective, organisée à Berne en 1958. En 1990, le Centre Pompidou rend hommage à Bram Van Velde en le désignant comme l’une des figures essentielles de l’art abstrait qui a su remettre en question de manière radicale les gestes et les formes dès les années 1940.


L’oeuvre que nous proposons aujourd’hui, datée de 1977, coïncide avec une période durant laquelle Bram van Velde bénéficie d’une reconnaissance du milieu artistique avec des rétrospectives organisées dans les grandes galeries et les musées en Europe. En effet, en 1973 il réintègre la galerie Maeght couronnant ainsi l’arrivée d’un succès si longtemps attendu et qui ne se démentira plus jamais. C’est également dans les années 1970 que Bram van Velde s’installe définitivement dans le Sud de la France. Peint à Grimaud ou bien à Arles, ce tableau présente plusieurs traits caractéristiques de Bram van Velde. Ayant abandonné le cubisme à la fin des années 1940, il continue cependant à travailler avec les formes géométriques notamment le triangle. Il en arrondit les angles et étire les proportions, associant la structure et rigueur de l’expressionnisme nordique à la courbe. Les formes s’amollissent et se cambrent, la peinture glisse et coule – Bram Van Velde affirme « peindre l’impossibilité de peindre ».

La gouache est le médium privilégié de la production de l’artiste, plus rapide que l’huile elle favorise l’effondrement des formes et des couleurs, moyen d’exprimer le refus de les fixer définitivement. C’est un médium proche du geste, et les traces de la main s’y inscrivent plus sensiblement que dans l’épaisseur de l

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