ALFREDO VOLPI (1896 - 1988)

Lot 13
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Estimation :
350000 - 500000 EUR
ALFREDO VOLPI (1896 - 1988)

Bandeirinhas, circa 1958

Tempera sur toile

Tempera on canvas

229 x 89 cm

90 5/32 x 35 3/64 in.

Cette oeuvre est répertoriée dans les archives de l'Instituto Alfredo Volpi d'Arte Moderna sous la référence IAVAM n° 3092.

Un certificat d'authenticité rédigé par l'Instituto Alfredo Volpi d'Arte Moderna, en date du 10 mars 2016, sera remis à l'acquéreur.


PROVENANCE

Acquise directement auprès de l'artiste dans son atelier dans les années 1950 et gardée familialement depuis


Alfredo Volpi, artiste faisant l’unanimité au Brésil, a bénéficié récemment d’une reconnaissance à l’internationale. Né en 1896 à Lucques en Italie, sa famille traverse bientôt l’océan pour s’installer au Brésil dans le but de trouver du travail et de poursuivre un rêve d’émancipation. Le Brésil est alors en pleine effervescence à la suite du changement de régime vers la république. L’histoire de l’artiste s’inscrit au sein de cette nouvelle structure sociale. À son arrivée il réside à Cambuci, un quartier d’artisans et de commerçants. Il travaille alors comme artisan décorateur. Cette « école »

lui permet d’apprendre et de subvenir à ses besoins afin de développer son talent artistique de manière indépendante, en évitant l’académisme. Il commence à produire des oeuvres en observant son quartier et les ouvriers modestes qui l’entourent. Dès la fin des années 1920 apparait au Brésil une nouvelle volonté d’indépendance culturelle qui est la conséquence directe de la «Semana de Arte Moderna » de 1922. Le manifeste de cet événement décrit la création brésilienne à venir comme une relecture consciente des styles coloniaux et académiques d’origine européenne, dont naîtra un langage artistique d’avant-garde. Les arts visuels et la littérature deviennent ainsi un moyen de réinventer l’identité du pays en pleine métamorphose.

En 1950, sous l’impulsion de l’artiste et architecte Paulo Claudio Rossi, Alfredo Volpi part pour le Grand Tour en Italie, et découvre l’art byzantin qui devient une référence pour ses oeuvres figuratives. La bidimensionalité de ses compositions constituera le point de départ pour la construction d’un langage moderne. Quand il rentre au Brésil, sa peinture évolue alors qu’il teste les limites de l’univers formel. Ses références oscillent entre l’art concret naissant et l’art populaire et naïf. Volpi n’a jamais considéré que la figuration et l’abstraction étaient antithétiques. Il cherche à représenter le Brésil de son temps, entre saudade - nostalgie - et modernité.


L’oeuvre Bandeirinhas que nous présentons s’inscrit dans la période « concrète » d’Alfredo Volpi à partir des années 1950. En 1957, alors qu’il est consacré par le Museu de Arte Moderna de Rio de Janeiro (MAM Rio) comme le «maître brésilien de son époque », il entame une réflexion intense sur les formes géométriques. Bientôt, les motifs des « drapeaux » - Bandeirinhas - se distinguent. Ils proviennent d’une vision qu’a eu Volpi lors des Festas Juninas, grande célébration brésilienne fêtant la naissance de Saint Jean Baptiste. À cette occasion, des guirlandes ornées de petits drapeaux en papier sont tendues à travers les rues. Volpi dit à ce sujet :

« J’étais seul, attendant l’arrivée du train au petit matin. Alors que je flânais dehors j’ai eu une illumination en voyant des drapeaux. Ça m’a ému. J’ai fait plusieurs essais, puis j’ai commencé à les utiliser. »

(Volpi dans un interview mené par Mario Schenberg, au Museu da Imagem e dom São Paulo, le 2 avril 1971.)

Peu à peu, le drapeau devient module: un carré dont émerge un triangle ; et vient recouvrir les toiles de l’artiste. C’est son motif le plus connu, qui fait la synthèse entre le figuratif et l’abstrait. Les couleurs de cette période sont atmosphériques. Ses dernières années de recherche seront dédiées à travailler sur la perception de l’espace, et la création de volumes dans la toile. Les éléments typiques de cette période sont donc présents dans cette oeuvre qui voit se déployer sur une toile d’un format exceptionnel les drapeaux de Volpi dans des tons clairs et pastels.

L’artiste s’est toujours intéressé à la vie culturelle de son pays et fréquente notamment le musée d’art de São Paulo (MASP) qui détient dans sa collection plusieurs artistes européens. En 1952, le musée fait l’acquisition d’une oeuvre de Renoir, Rose et bleue,

1881, qui devient l’une des plus appréciées du musée. Dans Bandeirinhas,

les couleurs - le rose, le bleu clair et le marron - sont un lointain écho à cette oeuvre connue des artistes brésiliens et des visiteurs du musée.



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