LIN FENGMIAN (1900-1991) Ecole chinoise

Lot 27
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100 000 - 120 000 EUR

LIN FENGMIAN (1900-1991) Ecole chinoise

La lecture Encre et couleur sur papier, signée et marquée du cachet de l'artiste en bas à droite 67,5 x 67,5 cm à vue - 261/2 x 261/2 in. Ink and colour on paper, signed and marked with the arist's stamp lower right Provenance: Collection privée, France Acheté directement à l'artiste par un parent de l'actuel propriétaire en poste à Hong Kong Lin Fengmian apprend les techniques de la peinture traditionnelle chinoise dès son plus jeune âge et vend sa première oeuvre à tout juste 9 ans. Il se trouve à Shanghai en 1918 lorsqu'il entend parler d'un programme d'étude en France et s'y précipite la même année. Il se passionne alors pour les peintres occidentaux qu'il étudie d'abord à Dijon puis aux Beaux-arts de Paris et découvre avec émerveillement les collections du Louvre et du Musée Guimet. Son aventure européenne se poursuit à Berlin en 1923 et, l'année suivante, il fait part de son désir de marier l'art occidental à l'art asiatique en présentant une quarantaine de ses oeuvres à l'Exposition Chinoise d'Art Ancien et Moderne à Strasbourg. Le peintre a trouvé son style personnel, sa mission en tant qu'artiste et retourne en Chine en 1925 où il devient président de l'Académie Nationale des Arts de Beijing et Directeur de l'Académie des Arts de Hangzhou. Il ne cesse de se remettre en question, s'interrogeant en parallèle sur l'avenir de l'art en Chine. Il jouera un rôle essentiel dans le développement de l'art contemporain chinois et sera le professeur de certains des plus grands artistes du XXe siècle tels que Zao Wou Ki et Chu Teh Chun. Les idées de Lin Fengmian sur la fusion entre art occidental et art chinois sont si révolutionnaires qu'elles lui vaudront d'être persécuté lors de la révolution culturelle. En effet, les couleurs vives de sa palette et son sens de la composition rappellent la peinture européenne des Fauves et des Cubistes. De plus il privilégie l'utilisation d'un format carré plutôt que les traditionnels longs rouleaux de calligraphie. L'art chinois accorde une importance toute particulière au vide que les artistes aiment parfois combler avec un poème. On remarque comme Lin Fengmian rompt avec cette tradition millénaire dans « La lecture » et « La jolie musicienne ». Pour le premier, l'artiste délimite sa composition à l'aide de deux bandes noires sur les côtés afin que le regard se porte sur son modèle au centre et dans le second, il propulse la musicienne vers l'avant grâce à un cadrage très serré et au feuillage qui l'entoure. Tout l'espace pictural est donc mis à profit comme pour ses sublimes paysages dont les montagnes, les arbres et les petites habitations occupent les quatre coins du papier. L'Opéra chinois avec ses costumes flamboyants et ses gestes expressifs l'inspire beaucoup, tout comme les couleurs, le dynamisme et l'énergie des oeuvres cubistes qu'il avait vues en France. Il décide alors d'employer une palette beaucoup plus occidentale, et donc révolutionnaire, dans le choix des couleurs. Avec « La Lecture » par exemple, les teintes éclatantes de rose, bleu et blanc se heurtent aux larges touches de noir, l'oeuvre s'illumine et prend vie. Lin Fengmian peint sans hésitation, ses traits sont vifs et précis, le résultat est d'une perfection stupéfiante. Si le traitement du sujet se rapproche de l'art occidental, le sujet en luimême est résolument inspiré de la tradition chinoise. Notre peintre reste très attaché au papier de riz et à l'encre par exemple. Cette dernière est beaucoup plus limitée que l'huile lorsqu'il s'agit de représenter les couleurs et les textures. Mais le brillant artiste réussit à varier l'épaisseur des couches d'encre et apporte ainsi à sa peinture une dimension, une lumière et une profondeur nouvelle. De plus, l'admiration de Lin Fengmian pour la porcelaine translucide de la dynastie des Song est visible ici dans le voile de soie blanche des deux femmes. Le tissu est léger, flottant, vaporeux tout comme les magnifiques nuages cotonneux de ses paysages. La nature est un thème récurrent dans la peinture chinoise et le paysage est considéré comme le plus noble des sujets. En effet, la montagne et l'eau constitueraient l'essence même d'un tableau. On notera d'ailleurs que le mot paysage en chinois signifie « montagne et eau ». Lin Fengmian veille à bien conserver ces éléments tout en leurs apportant des couleurs vives, presque acidulées qui témoignent de son engouement pour la palette occidentale. De ses paysages fabuleux se dégage une atmosphère sereine et paisible, fruit de la touche légère et poétique de l'artiste. C'est en puisant son inspiration aussi bien dans l'art occidental que dans l'art chinois traditionnel que Lin Fengmian parvient à se créer un style unique, reconnaissable parmi des milliers. Les historiens de l'art ne trouvent aucun mal à s'accorder sur le génie de ce peintre et n'hésitent pas une seconde à l'identifier comme étant le père de la modernité chinoise. Lin Fengmian started learning traditional Chinese painting techniques at a very early age and he was only nine years old when he sold his first piece. He was in Shanghai in 1918 when he heard about a study abroad programme in France and so he left that same year. He soon became passionate about Western art which he first studied in Dijon and then at the Beaux-arts in Paris. In the French capital he discovered the wondrous collections of the Louvre and the Musée Guimet. He continued his European adventure in Berlin in 1923 and the following year, shared his wish of blending Western and Chinese art when he presented 40 of his works at the Ancient and Modern Chinese Art Exhibition in Strasbourg. He had found his personal style, his artistic mission was clear to him now and he thus returned to China in 1925 where he became the president of the Beijing National Academy of Arts and the director of the Academy of Arts in Hangzhou. He was constantly questioning himself and reflecting upon the future of art in China. He would play a key role in the development of contemporary Chinese art and would go on to teach some of the greatest artists of the 20th century including Zao Wou Ki and Chu Teh Chun. Lin Fengmian's ideas on merging Western and Chinese art were so revolutionary for the time that he was prosecuted during the Cultural Revolution. Indeed, the bright colours of his palette and his eye for composition are reminiscent of the European paintings of the Fauve and Cubists artists. Furthermore, he favoured a square format instead of the traditional long calligraphy scroll. Chinese art highly regarded empty space in a composition, voids which artists often liked to fill with poetry. Lin Fengmian broke away from this tradition as seen in «La lecture» and «La jolie musicienne». With the former he uses two black strips to delineate his composition and draw the viewer's eye to the model sitting in the centre. With the latter he pushes the musician forward thanks to the narrow framing and the foliage curling around her, thus making the most of the entire pictorial space. The same can be said of his mesmerising landscapes where mountains, trees and dainty houses fill the four corners of the paper. Chinese opera with its flamboyant costumes and energetic movements greatly inspired him as did the colourful, energetic Cubist works he had seen in France. He thus adopted a palette much more Western, and therefore revolutionary, in its array of colours. In «La Lecture» for example the brilliant shades of pink, blue and white clash with the black areas, making the whole work light up and come to life. Lin Fengmian paints without any hesitation, his brushstrokes are swift and neat, the result overwhelmingly perfect. Lin Fengmian treated his subject in a very European manner but the choice of subject itself was decisively inspired by Chinese tradition. Our artist was still very fond of rice paper and ink. The latter is much more limited than oil when it comes to representing colour and texture. However the clever artist managed to vary the thickness of the layers, thus bringing a whole new dimension to his art, new light and depth. His love of translucent porcelain from the Song dynasty is apparent here in the women's white silk veil: the fabric is just as light, flowing and aerial as the beautiful fleecy clouds of his landscapes. Nature is a recurring theme in Chinese painting and landscapes are considered the noblest genre. Indeed mountains and water are believed to be the essence of a work and the word landscape in Chinese actually means «mountains and water». Lin Fengmian was careful to include these elements in his creations but by giving them bright, almost flashy colours, he showed his infatuation with the Western palette. A serene and peaceful atmosphere emanates from his landscapes, the result of his light and poetic touch. By drawing his inspiration from both Western and traditional Chinese painting, Lin Fengmian was able to create a unique personal style, easily recognisable among thousands of others. Art historians have no trouble agreeing that the artist was a genius and are quick to refer to him as the father of Chinese modernity.
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