PROUST Marcel (1871-1922)

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PROUST Marcel (1871-1922)

• À l'ombre des jeunes filles en fleurs (Paris, Éditions de la Nouvelle
Revue Française, 1920) ; in-4 (32,5 x 21,5 cm), reliure maroquin janséniste rouge, dentelle intérieure, doublures et gardes de moire rose, tranches dorées (P.L. Martin) ; étui abîmé.
Précieux exemplaire de l'édition de luxe d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs, enrichi de six grandes planches inédites présentant deux importants passages du manuscrit, dont le commencement du roman, et les débuts de la liaison du narrateur avec Albertine.
Édition de luxe réimposée en format in-quarto raisin, tirée à 50 exemplaires sur papier Bible à très grandes marges (celui-ci n° XLIX), deux ans après l'édition originale, enrichie de fragments du manuscrit autographe et d'épreuves corrigées.
Portrait-frontispice d'après Jacques-Émile Blanche, reproduit en héliogravure sur papier d'Arches.
C'est Proust, en mauvais passe financière, qui avait eu l'idée de faire réaliser par Gallimard cette édition de luxe de son roman (couronné par le prix Goncourt), enrichie de fragments du manuscrit et des épreuves, et vendue par souscription. Il avait été frappé par le travail de Mlle Rallet, une dactylographe de la N.R.F. qui avait été chargée d'établir le dactylogramme du roman : pour faciliter sa tâche, elle avait découpé et collé bout à bout sur de grandes feuilles les paperoles ajoutées par Proust aux épreuves de son roman ou provenant de ses cahiers de travail, ainsi que les épreuves corrigées (tirées par
Grasset pour l'édition prévue en 1914, puis celles recomposées par
Gallimard pour l'édition de 1918), formant ainsi «une extraordinaire marqueterie», selon le terme de Pierre Clarac. Proust commentait ainsi ces planches : «le manuscrit [...] malgré mon affreuse écriture [...] est ravissant et a l'air d'un palimpseste à cause de la personne qui le collait avec un goût infini» (Correspondance, t. XVIII, p. 295).
Il s'agissait du dernier manuscrit que Proust avait envoyé à Gallimard en octobre 1917, pour le «deuxième volume» (À l'ombre des jeunes filles en fleurs) de son roman À la recherche du temps perdu. [Voir
Francine Goujon, «Le manuscrit dispersé d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs : le “Cahier violet”», Bulletin Marcel Proust, n° 49, 1999 ;
Pyra Wise, «L'édition de luxe et le manuscrit dispersé d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs», Bulletin d'informations proustiennes, no 33, 2003, et «Le généticien en mosaïste. La reconstitution du manuscrit d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs», Genesis, n° 36, 2013).]
Envoi autographe signé de Proust sur le faux-titre à son ami de jeunesse et condisciple du lycée Condorcet, le banquier Horace
FINALY (1871-1945) : «A mon cher ami d'autrefois et de toujours, Monsieur Horace Finaly, avec le souvenir ému des jours d'autrefois
Marcel Proust».
Les paperoles sont collées sur 6 grandes feuilles dépliantes de papier fort d'environ 50 x 13 cm chacune ; la 5e est plus grande (47,5 x 27,5 cm), avec un montage sur deux colonnes. Ces planches, jusqu'à ce jour inédites, correspondent à deux importants passages du roman : les planches 1 à 3 donnent le début du roman (Pléiade éd. Tadié, t. I, p. 423-428), les planches 4 à 6 se rattachent à la deuxième partie (Pléiade éd. Tadié, t. II, p. 280-285) ; elles rassemblent 34 morceaux du manuscrit (dont certains béquets collés par Proust lui-même) et 3 fragments d'épreuves. Ces deux séquences de textes présentent des ratures, corrections et additions, ainsi que des variantes avec le texte définitif.
Planches 1 à 3 (Pléiade t. I, p. 423-428). À propos du projet d'invitation de M. de Norpois par la mère du narrateur, ce dernier expose le changement de caractère de Swann depuis son mariage avec Odette de Crécy et ses nouvelles relations ; comment le professeur Cottard est devenu plus sérieux et respectable, un savant reconnu ; et enfin le portrait de M. de Norpois et l'évolution politique du diplomate.
- La première planche, marquée «N° 1» au crayon bleu, entièrement autographe, présente 3 morceaux de manuscrit (paginés 1 et 2) ; elle porte en tête le titre : «A la Recherche du Temps Perdu - Deuxième volume : A l'ombre des jeunes filles en fleur» [sans s final].
Puis le roman commence : «Ma mère [ayant exprimé le regret biffé], quand il fut question d'avoir M. de Norpois à dîner, que le Professeur Cottard fût en voyage et qu'elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l'un et l'autre eussent sans doute intéressé l'ancien ambassadeur, mon père répondit qu'un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, [faiseur d'embarras et biffé] <était un vulgaire esbrouffeur> que le Marquis de Norpois eût sans doute trouvé, selon son expression, “puant”»... Jusqu'à «sonner bien haut que la femme d'» (Pléiade p. 424).
- La
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