ROPS Félicien (1833-1898)

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ROPS Félicien (1833-1898)


L.A.S. «Fély» avec 9 DESSINS, Thozée Jeudi [vers 1863 ?, à son ami Émile LECLERCQ] ; 12 pages in8 à son chiffre.


Superbe et longue lettre d'un Rops malade d'amour, illustrée de neuf dessins à la plume et estompe.


En tête de lettre, il s'est dessiné en chasseur, assis sous un arbre, fusil à l'épaule, regardant le paysage, ses deux chiens à ses pieds, un lièvre et un héron s'enfuyant sur le côté. Il vient bavarder avec son ami, se laissant guider par «notre bariolée patronne la Sainte Fantaisie. - Il est dix heures du soir. Je suis seul dans le grand atelier qui ressemble à une vieille église [...] Ce soir mon vieux & mélancolique Thozée a pour moi des charmes infinis. - Au moment où je t'écris Elle épouse le pêcheur Zéphoris [l'opéra Si j'étais Roi d'Adolphe Adam], dans un paysage fantastique, sous le feu des flammes de Bengale & je ne suis pas là !» Il a résisté à la tentation de se rendre à la représentation à Namur : «Si tu savais ce qu'il m'a fallu de courage pour dire à Pierre cet après-midi de ne pas atteler !». Dans la marge, il dessine son valet Pierre, se tenant le menton entre le pouce et l'index, exprimant la stupéfaction et l'incompréhension. Sans doute Rops, amoureux de l'interprète féminine, tente-t-il de ne plus céder à sa passion : «Non, pauvre Fély, [...] tu n'iras plus du tout, -les rosiers sont coupés. Et voilà maintenant sa tête blonde qui jaillit des fonds sombres de l'atelier ! Oui mon cher vieux, j'en suis là, - et cela depuis trois mois ! [...] C'était écrit !


Est-ce qu'on sait jamais du reste pourquoi on aime une femme ? [...]


Quand on songe que vous êtes trois millions d'imbéciles qui tripotaillez dans le corps humain depuis dix siècles & que vous n'êtes pas encore arrivé à guérir un homme brun d'une femme blonde !»... Et il dessine trois médecins examinant un bocal étiqueté «affection du cœur» et contenant un cœur percé d'une flèche et entouré d'une guirlande de fleurs, derrière lequel se cache un amour. Il prie son ami de devenir spécialiste «des “affections du cœur”. - Je serai ta première cure», car son cas est désespéré : «C'est grave ! Et lorsqu'il s'agit d'une femme qui a les yeux couleur du Printemps & les lèvres de la Diane du


Capitole, - c'est encore plus grave !»... Il va finir par haïr la race des musiciens, qui «font grincer les boyaux des quadrupèdes & coupent les grands arbres du bon Dieu pour en faire des pianos. - C'est vrai, les peintres & les poètes seront éternellement victimes des musiciens [...]. Le son, cette voix de l'âme (quand ce n'est pas une voix du nez), les émeut bêtement, -naïvement et ils sont tentés de pleurer à la lune comme les caniches mélancoliques qui entendent le cornet à pistons.


Quand une femme jeune, jolie, aimée, chante, je tombe en adoration»...


Et il dessine des amours musiciens qui recouvrent d'une grande feuille de musique le chevalet et la palette du peintre sur laquelle pleure un amour solitaire.


Pourquoi retourner à Namur ? «pour me trouver stupide en importunant une femme d'un amour dont elle n'a que faire ?»... Il est né trop tard : «Notre siècle étroit & bête me pèse sur les épaules comme un vêtement qui n'est pas à ma taille. Fou, à la fois touchant & grotesque je me promène en ce monde de 4 pour cent, avec un costume moyen-âge aux fières arabesques, dans la foule des habits noirs du Positivisme. Je fais rire les notaires & j'inspire de douces gaietés aux huissiers ; - les gens graves me montrent à leurs enfants comme un terrible exemple de l'entraînement des Arts !» Et pour les académiciens, «les palmibêtes», il n'est pas un homme sérieux. Il aurait pu ressembler à n'importe qui, aux deux types qu'il dessine alors : deux bourgeois respectables... «Être plat comme un trottoir & bête comme un chiffre, aimer les filles faciles, en partie double, - estimer les bonnes actions qui rapportent plus que les belles actions qu'on admire ; - préférer les billets à ordre aux billets doux ; au lieu de cela, je marche vivant dans le rêve de RuyBlas : - Je ne veux pas comprendre que l'on n'est plus dans les nuages, mais “dans les huiles” ou “dans les sucres” ; - je reste atteint des folies douces que tu connais : [...] bâtisseur de châteaux dans toutes les Espagnes, regardeur d'étoiles en plein midi, faiseur de tempêtes dans les gouttes d'eau ; - me créant des bonheurs d'enfant de l'oiseau qui chante, de l'insecte qui vole, du nuage qui passe, du rocher gris sous le ciel bleu. - Je reste en extase devant une mêche de cheveux blonds frisottant sur une nuque ronde»... Cela n'arrivera pas à M. Prime Borniaux, «premier échevin de la commune de Mettet», qu'il dessine de dos, se promenant dans la campagne, sabots aux pieds et parapluie à la main ; il déplore l'obstination de Rops à se consacrer à la peinture au lieu de faire valoir les terres de son domaine de Th

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