MONET Claude (1840-1926)

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MONET Claude (1840-1926)

L.A.S. «ton vieux Claude», Christiania 9 février 1895, à SA FEMME ALICE ; 6 pages in-8 à en-tête de Giverny (quelques marques au stylo rouge).
Belle lettre sur son séjour en Norvège.
Il la remercie de ses lettres. «Ne te tourmente pas, je me porte à merveille et ton Jacques aussi», mais s'inquiète de l'accident de son fils Jean, et de la fluxion de Suzanne. «À part cela je vois que tout va bien à Giverny, malgré le froid, mais vous allez bien vite avoir le printemps après cela. Ici le froid devient extrêmement vif. Le minimum à Christiania est de 10 au-dessous à midi et de 25 à 30 la nuit, mais dans les endroits que nous avons parcourus pendant ces 4 à 5 jours dans les montagnes nous avions toujours dans la journée entre 20 et 30 et l'étonnement des Norvégiens est grand de me voir supporter cela et surtout de me voir en Norvège en hiver. Ils n'en reviennent pas. Du reste si je souffre d'une chose c'est plustôt de la trop grande chaleur dans les maisons, dans les chemins de fer. En traîneau où nous sommes restés jusqu'à des 6 heures de suite je n'avais froid qu'au visage que nous avions au bout d'un certain temps couvert de glace, les cils gelés.
Nous avions de bonnes binettes, accoutrés comme de vrais lapons et enveloppés dans d'énormes peaux d'ours». Ils ont voyagé à travers de «superbes forêts de pins [...] où il n'y a aucun village, on trouve de temps à autre un chalet, c'est une halte pour les chevaux et les gens.
On est tout surpris d'y entrer dans de vrais salons, d'y être reçu par des gens civilisés, aimables et gracieux, heureux de vous offrir l'hospitalité.
Que de belles choses vues là, du haut de ces montagnes à pic sur d'immenses lacs entièrement pris et couverts de neige, nous en avions dans ces endroits plus d'un mètre et notre traîneau glissait là-dessus, le cheval en sueur tout couvert de givre et de glace comme nous. J'ai vu aussi d'énormes chutes d'eau de cent mètres mais entièrement gelées c'est extraordinaire. [...] Bref, à la déception de l'arrivée a succédé un émerveillement continuel». Mais on s'occupe trop de lui dans les journaux et cafés. «Il est question d'un banquet que me veulent offrir les peintres et les littérateurs [...] mais j'espère y couper [...] Je pense me mettre au travail lundi ou mardi, d'abord aux environs d'ici, et ensuite dans la montagne où j'irai habiter pendant quelques jours.
Je vais m'équiper pour cela, car il faut être hermétiquement couvert»
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