SOPHIE RUDE, NÉE FRÉMIET DIJON, 1797/1867, PARIS

Lot 38
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
SOPHIE RUDE, NÉE FRÉMIET DIJON, 1797/1867, PARIS
Portrait de femme
Huile sur toileSignée et datée en bas à gauche Sophie Fremiet / Bruxelles 1818
97 x 75 cm
BIBLIOGRAPHIE EN RAPPORT Monique GEIGER, Sophie Rude. Peintre et femme sculpteur. Une vie d'artiste au XIXe siècle, Société des Amis des Musées de Dijon, 2004, 187 p. François et Sophie Rude. Un couple d'artistes au XIXe siècle, citoyens de la Liberté, catalogue d'exposition, musée des Beaux-Arts de Dijon, 12 octobre 2012/28 janvier 2013, Paris, Somogy Editions d'art, Dijon, 295 p.
Après la chute de Napoléon, Guillaume Ier, souverain belge, se montre ouverte­ment favorable aux émigrés qui pourront trouver refuge dans son pays. C'est le cas de Jacques-Louis David (1748/1825) qui arrive à Bruxelles en janvier 1816 mais également de Louis Fremiet, le père de Sophie. Lui vit à Mons mais décide d'installer ses deux filles, sa mère, sa soeur ainsi que François Rude (1784/1855) duquel il était proche.
David jouit d'une renommée européenne extraor­dinaire et lorsqu'il installe son atelier rue de l'Evêque, il est avidement sollicité par la jeunesse artistique belge mais aussi par les exilés français. Guillaume Ier voit cette arrivée du peintre comme un excellent moyen de faire de sa capitale un véritable foyer artistique.
Sophie entre dans l'atelier du maître, peut-être grâce à l'intervention du peintre Anatole Devosge (1770/1850), ancien élève de David et ami de Fremiet. En 1818, David la charge notamment d'exécuter une copie des Adieux de Télémaque et d'Eucharis (1818, Los Angeles, J. Paul Getty Museum) qu'elle expose au Salon local. La même année, elle expose deux portraits dont l'identité des modèles, les dimensions ou les localisations actuelles demeurent inconnues. A leur côté éga­lement, un autre portrait de femme aujourd'hui conservé en collection particulière et dont les dimensions sont proches de notre tableau.
Ce dernier est intéressant dans la mesure où si l'on suppose que l'oeuvre que nous présentons est l'un de ces deux portraits non-identifiés expo­sés en 1818, les deux compositions trouvent à se répondre en divers points. Dans la posture très légèrement de trois-quart, notre modèle se tourne vers la droite tandis que la seconde se tourne vers la gauche. Les deux sont vêtues de soie et d'un épais châle en pashmina rouge orangé à motifs qui drape leur taille. Dans les deux, Sophie se place dans l'héritage du portrait néoclassique dont David avait établi les codes au cours de sa carrière. Comme cela a pu être souligné par Sophie Bartélémy du musée des Beaux-Arts de Dijon, Sophie Rude préfigure peut-être même, dans sa recherche de plus de grâce et de ressemblance, l'esthétique qu'Ingres adoptera dans ses portraits. De David, elle retient le choix de poses simples, de fonds neutres parfois légèrement brossés afin de ne laisser que le visage et le regard s'exprimer.
Le talent de la jeune femme est grand lorsqu'elle s'attarde sur le rendu remarquable des tissus, tantôt soyeux, brillants, tantôt plus velouté, doux et épais.
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