JEAN LOUIS VANIER

Lot 34
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JEAN LOUIS VANIER
Mémoires d'un soldat de la République 1792-1809
Un récit autobiographique dantesque dans lequel Jean Louis Vanier nous narre à travers un récit poignant ses campagnes. Alternant aventures, victoires et défaites, laissé pour mort sur un champ de bataille en Espagne, avant de connaître une longue retraite. On peut s'imprégner dans ce document inédit de la vie d'un soldat de la République et de l'Empire, de l'abnégation de ses hommes, de leur attachement fraternel entre beauté et carnage, sans cesse en mouvement. «Depuis 20 ans que je faisais la guerre, j'avais éprouvé déroutes, assauts, sièges et quantité de batailles, je n'avais pas encore vu pareil carnage dans si peu de temps. Je reçus pour ma part une balle à la poitrine qui me traversa le corps et s'entortilla après la 7ème vertèbre dorsale ( dans le milieu du dos) et un biscaïen (balle sphérique des boites à mitraille) à l'os sacrum. (Ce sont les premières et les dernières blessures que je reçus pendant tout le temps de mon service militaire.) L'armée anglaise chargea à la baïonnette le peu qui restait. Mais les deux autres bataillons qui étaient derrière nous sur le renvers de la [77] montagne firent de la résistance. Il n'était pas peu de monde et ils les arrêtèrent un moment. Mais ils furent (obligés) de battre en retraite jusque dans la colline. Un régiment anglais qui chargeait jusqu'à cet endroit fut cerné et entièrement détruit. J'avais resté sur le champ de bataille, étendu par terre. Tout l'armée anglaise avait défilé près de moi sans s'arrêter, marchant sur les morts et les mourants qui étaient étendus dans des blés très murs et secs. Ils mirent le feu dans les blés, tous les blessés furent brûlés. Avant ce feu, je repris connaissance et me rappelai que j'avais à mon côté une petite gourde dans laquelle il y avait environ un verre de vin que j'avais conservé en cas d'accident. Je la saisis et en bu une ou deux gorgées qui me rappelèrent à la vie. Je ramassai mon chapeau, mon épée qui était tirée, la remis dans son fourreau, et ma canne. Avec son aide, je me relevai, mais je retombai de suite. Je me mis à me traîner dehors des blés dans lesquels je voyais la fumée et entendais les cris des blessés que le feu atteignait.»
Cahier de 90 pages rédigé à l'encre, papier quelques mouillures et fragilités en bordure de pages.
PROVENANCE
Collection Alexis Vavin, par descendance
Une transcription du texte sera délivré à l'acquéreur
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