Ecole française du XIXe siècle, vers 1810

Lot 32
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Ecole française du XIXe siècle, vers 1810
Portrait de Grenadier partant au combat
Huile sur toile 81,5 x 64,5 cm
Le ciel gronde, la lumière intense de l'orage illumine le visage du grenadier que le peintre saisit avant la bataille. Tenant contre lui son bonnet à poils, sa baïonnette, la noirceur des cieux annonce l'imminence du combat et l'on imagine aisément le roulement grave du tonnerre faire écho à celui des canons dans quelques instants.
Sur ce visage jeune, la fermeté et la détermination du regard ne font qu'amplifier la puissance dra­matique de l'instant. Les yeux expriment toute la certitude de participer à quelque chose de grand, de puissant, d'intense et d'historique, sans une oscillation de recul. Sans doute le peintre s'est-il sciemment attaqué avec ambition, à créer une véritable psychologie de son modèle d'une ving­taine d'années, ce qu'il parvient à faire avec brio.
Vêtu de l'habit des grenadiers du 17e régiment d'infanterie, il est extrêmement rare de retrou­ver des portraits de cette catégorie de soldat. D'origines modestes la plupart du temps, il est probable que le peintre ait pris pour modèle un jeune homme de son entourage avant qu'il ne parte au front. Au sein de l'infanterie, les grenadiers sont de véritables piliers aguerris au combat, ils sont les supports du régiment et finalement ceux qui vont au-devant de la mort.
Et lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil, Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires, Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres, Portant le noir colback ou le casque poli, Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli, Comprenant qu'ils allaient mourir dans cette fête, Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête. Leur bouche, d'un seul cri, dit : vive l'empereur !
- Victor Hugo, «L'expiation», Les châtiments, 1853
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