FRANCIS GRUBER (1912-1948)

Lot 77
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35 000 - 45 000 EUR

FRANCIS GRUBER (1912-1948)


Nu au gilet rouge (assis), 1944
Huile sur toile, signée et datée en bas à gauche
113,3 x 86,3 cm - 43 7/8 x 34 in.

PROVENANCE
Collection de Catherine Gruber-Bernad
Galerie Jean-Paul Ledeur, Paris
Collection privée, Paris
Vente Rossini S.V.V. du 1er juillet2003
Collection privée, Paris

L'oeuvre que nous vous présentons aujourd'hui nous révèle les tourments de l'artiste suite à la Seconde Guerre mon­diale. La violence de cette époque et les horreurs de la guerre marquent définitive­ment la production de l'artiste. Ce dernier représente alors des corps féminins et masculins, nus et décharnés, hantés par l'image de la mort. Avec Nu au gilet rouge, nous nous retrouvons face à une femme assise dans un intérieur vêtue uniquement d'un gilet rouge. Son regard, neutre voire froid, est rivé sur le spectateur. Le teint de son visage, légèrement bleuté et ses joues rosées, se confondent presque avec le papier peint. Nous pouvons y percevoir une manière de représenter un esprit perdu dans les tourments du passé. La jeune femme s'offre au regard du curieux mais son esprit semble ailleurs.

Cette jeune femme pâle et nue dans un coin de son atelier est un motif que l'artiste peint de manière presque obsessionnelle. Dans chacune de ses peintures, les acces­soires sont les mêmes, comme la chaise ou le gilet, et l'impression de souffrance et d'enfermement reste très forte.

Francis Gruber décède à l'âge de 36 ans suite à une tuberculose, juste après avoir reçu en 1947, le prix National décerné par la direction générale des Arts et des Lettres.


FRANCIS GRUBER
Né le 15 mars 1912 à Nancy, Francis Gruber est le fils de Jacques Gruber, maître verrier renommé. Alors que la Première Guerre mondiale secoue l'Europe, la famille décide de quitter Nancy pour des raisons écono­miques. Elle s'installe à Paris en 1916 et établit son domicile ainsi que son entreprise sur la Villa Alesia.

Souffrant d'asthme sévère dès son plus jeune âge, Francis Gruber n'est pas scola­risé mais suit un enseignement donné par son cercle familial. Très vite, il s'intéresse au dessin, il visite régulièrement les ateliers de Braque et de Bissière qui ne sont pas loin. Il découvre grâce à son frère ainé, Jean-Jacques, étudiant en histoire de l'art, de nombreux peintres qui marquent défi­nitivement sa vision artistique, parmi eux Jérôme Bosch, Albrecht Dürer ou encore Mathias Grunwald. Il rejoint l'Académie Scandinave en 1929 et y suit une formation pendant quatre ans. Dès 1930, il expose au Salon d'Automne et aux Tuileries. Il peint alors de grandes compositions vivantes et colorées et aborde des sujets issus de l'enfance ou de l'amour. Progressivement, une atmosphère inquiétante s'installe dans certaines de ses compositions. En effet, des peintres flamands, Gruber hérite d'un penchant pour l'allégorie voire même le fantastique et d'un certain goût pour le surnaturel. En 1938, il rencontre les frères Giacometti. Ceux-ci deviennent pour lui des conseillers et de véritables amis.

N'hésitant pas à affirmer ses positions politiques, Francis Gruber s'engage à plu­sieurs reprises tout au long de sa carrière. Déjà en 1935, il rejoint le mouvement mené par Louis Aragon autour de La Maison de la Culture. En 1941, il est l'un des acteurs de la création du Front National des Arts, qui deviendra en 1944 l'Union des arts plastiques. Il puise alors dans le concept de « peinture d'histoire » et travaille des compositions allégoriques pour pouvoir transmettre un message fort. A la libéra­tion de Paris notamment, il rejoint le Parti Communiste en tant que sympathisant.
 
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