CHARLES LAPICQUE (1898-1988)

Lot 21
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42 000 - 50 000 EUR

CHARLES LAPICQUE (1898-1988)

Manoeuvres de nuit, 1958
Huile sur toile, signée et datée en bas à droite, contresginée, datée et titrée au dos
Oil on canvas, signed and dated lower right, countersigned, dated and titled on reverse
81 x 100 cm
32 x 39 /8 in.
Un certificat d'authenticité rédigé
par Monsieur Marc Métayer en date
du 5 mars 2020 sera remis à l'acquéreur.

PROVENANCE Vente Pescheteau-Badin-Godeau-Leroy & De Ricqlès, Paris, 29 mai 2000
Vente Perrin-Royere-Lajeunesse, Versailles 24 avril 2005
Collection privée, Paris
EXPOSITIONS Perros-Guirec, Maison des Traouïero, Lapicque,2007, repr. p.100
Rochefort, Musée national de la Marine, Charles Lapicque, peintre de la mer, mai-décembre 2008

Lapicque défie le spectateur avec une toile entièrement bleue. Les sujets principaux ne se différencient les uns les autres que par quelques nuances d’écart, créant une atmosphère floue et peu discernable; rappelant exactement la sensation de tâtonnement des yeux dans le noir. L’artiste traduit parfaitement l’impression étouffante que peut suggérer l’obscurité, combinée à l’éblouissement des faisceaux lumineux. Ses connaissances scientifiques l’amènent ainsi à considérer « le rouge, l’orangé et le jaune comme des couleurs toujours prêtes à s’éclaircir, à se faire plus lumineuses et le bleu, au contraire, comme une couleur fatalement destinée à s’assombrir, à paraître plus noire »
Lapicque donne par conséquent l’impression de fonctionner par codes, que le spectateur puisse déchiffrer de manière plus ou moins inconsciente. Les lumières sont toutes reproduites du même symbole, le mouvement et le bruit sont exprimés par les mêmes formes relativement nuageuses, tandis que le silence et l’immobilité sont traduits par des aplats lisses et géométriques. L’usage même des couleurs procède par codes ; le bleu étant associé au solide et rapproché, tandis que les jaunes et orangés sont symboles de lumières lointaines.
Empruntant au fauvisme ou au cubisme, Charles Lapicque crée sa propre gestuelle, mêlant application en rubans, en nappes, en entrelacs ou en boucles, à une nouvelle construction de l’espace. Ses œuvres en sont étonnamment réalistes par les sensations qu’elles suscitent, lui attribuant un style figuratif gestuel et allusif unique.

Charles Lapicque

Né dans le Rhône, Charles Lapicque (1898 – 1988) est élevé par son oncle qui l’emmène en Bretagne l’été, où il retournera toute sa vie. Il peint et dessine dès sa jeunesse, en parallèle d’études brillantes qui le conduiront à l’Ecole Centrale dont il sera diplômé en 1921. Charles Lapicque décide de se consacrer exclusivement à la peinture en 1928, mais doit conserver un emploi scientifique dans l’étude du champ chromatique, ce qui influencera d’ailleurs son travail.
Son activité artistique se poursuit et il réalise des œuvres pour le Palais de la Découverte en 1937. De retour en Bretagne après la guerre, il y trouve des thèmes qui resteront source d’inspiration durant toute sa carrière.
Manœuvres de nuit appartient à une série de marines réalisées en Bretagne dans les années 1950.
A l’image de son œuvre, ce paysage de nuit est composé d’aplats, de nappes de couleurs vives, évoquant les œuvres de Vlaminck. L’artiste ne traduit volontairement aucune profondeur, succédant les aplats d’une multiplicité de teintes de bleu sans aucune superposition. Il emprunterait même des techniques cubistes par la rupture de ses plans, les multiples perspectives et la transparence des formes, pour créer une nouvelle représentation personnelle de l’espace.
Les faisceaux de lumière démesurés, chacun réduit à cinq traits partant du centre, semblent grotesques, voire enfantins. Pourtant, personne n’a rarement aussi bien traduit l’aveuglement perçu par les yeux en pleine nuit, en plein visage, des lumières de phare, ainsi que leur rayonnement irréel dans l’obscurité. Les formes nuageuses des flots suggèrent un certain mouvement, contrastant avec les aplats lisses, voire géométriques, des bateaux ou du ciel. On semble ainsi y entendre le silence de la nuit, que seule perturbe l’agitation des vagues, paraissant en effet être le seul sujet en mouvement.
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