FOUCHÉ Joseph (1759-1820) ministre de la Police

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FOUCHÉ Joseph (1759-1820) ministre de la Police

L.A.S. «le chevalier de La Roche St André» (brouillon), Francfort 1er juin [1817 ?], à l'éditeur du Pamphlétaire, à Londres; 4 pages in-4 avec ratures et corrections.

Lettre de polémique sous pseudonyme, prenant sa propre défense comme régicide proscrit, et annonçant la publication de ses Mémoires.
«Je n'hésite point de répondre au noble désir que vous manifestez d'imprimer dans votre journal une réponse aux calomnies qui sont écrites contre le duc d'Otrante. Je vais vous dire ce que je sais de cet homme célèbre: j'ai fait mes études avec lui, la Révolution nous a séparés, il est entré dans les affaires publiques et moi dans le parti de l'émigration. J'ai correspondu constamment avec lui jusqu'au moment où il a été assez puissant pour me faire rentrer dans ma patrie»... Fouché a toujours tenu un journal intime, qu'il a fait lire au chevalier: «ces notes précieuses forment aujourd'hui la base de ses mémoires qui seront imprimées, le public les jugera. J'ai vu, avec plaisir, que si mon illustre ami avoit fait des fautes il savoit les reconnoître et les reparer, que son ame n'avoit fléchi que sous la nécessité des temps. Je voudrois que ses notes fussent publiées telles que je les ai lues [...]. Je regrette de n'avoir pas la supériorité de son esprit pour rendre toutes les explications auxquelles elles ont donné lieu. Je n'ai jamais fait un meilleur cours de morale et de politique»... Cependant tous les partis en France se sont déchaînés contre le duc d'Otrante, malgré ses longs services: «c'est lui qu'on accuse. On le blâme de tout ce qu'il a fait et plus encore de ce qu'il n'a pas fait. Aux yeux des uns la capitulation de Paris est une trahison, quoique cette capitulation soit le resultat des deliberations d'un conseil des premiers hommes du jour, on ne l'impute qu'à lui seul. Loin de lui savoir gré d'avoir empêché le païs de bruler inutilement, d'avoir préservé Paris de la destruction, de s'être devoué au premier choc de la Réaction pour sauver des victimes, on ne rougit pas de l'accuser d'avoir livré la France aux étrangers [...]. Aux yeux d'un autre parti la modération du duc d'Otrante est considérée comme perfidie, ses courageux conseils d'amnistie comme un triomphe pour les bonapartistes. Les rapports qu'il a publiés pour donner au roi une force d'opinion contre ceux qui sous prétexte de mieux défendre le trône envahissoient son autorité sont présentés comme des manifestes d'une ambition personnelle. [...] Les factions ne pardonneront jamais au duc d'Otrante»... Enfin il dénonce la «fable atroce» que Le Pamphlétaire a publiée sur la mort du capitaine Weigt. «Quel intérêt le gt français avoit-il de se défaire d'un personnage si peu dangereux ? Le caractère moral du ministère du duc d'Otrante suffiroit pour détruire toutes les imputations insensées et sans preuves de la malveillance. C'est une chose déplorable qu'il faille du courage, aujourd'hui, pour rendre justice à son administration»...
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