Lot 31
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JULES PASCIN (1885-1930)

Femme en chemise, Paris 1928
Huile sur toile, signée en haut à droite
92 x 73 cm

PROVENANCE
Vente Christies, 16 décembre 2009, Paris

BIBLIOGRAPHIE
Hemin, Krogh, Perls, Rambert, Catalogue raisonné, tome 2, p 305-358, n°1031, repr.
Le catalogue raisonné en référence sera remis à l'acquéreur

Le certificat, rédigé en date du 15 mai 2015 par Rosemarie Napolitano, vice-présidente du Comité Pascin et Tom Krohg, ayant droit de l'artiste et président du Comité Pascin, et précisant la référence n°1031 de l'oeuvre dans le tome 2 du catalogue raisonné, sera remis à l'acquéreur

Julius Mordecai Pincas est issu d'une famille cossue de négociants et de banquiers établis à Bucarest.
Mis au ban par ces derniers lorsqu'ils apprennent sa volonté d'embrasser une car­rière artistique d'une part, et d'autre part sa liaison avec la tenancière d'une maison close (qui d'ailleurs ne manquera pas d'inspirer durablement son oeuvre) il se voit obligé de changer de nom et s'appelle désormais Jules Pascin.
Après une formation itinérante en Europe de l'Est, il s'installe à Paris, où il devient rapide­ment le «Prince du Montparnasse». Il y pour­suit son travail de caricaturiste et d'illustrateur tout en se liant avec les artistes de l'avant-garde du Montparnasse et de Montmartre. Parmi eux Foujita, Van Dongen, Derain ou encore Matisse.
Lorsque la France entre en guerre en 1914, il est obligé de s'exiler aux Etats-Unis, sa nationalité faisant de lui un ennemi. Il par­court l'Amérique en tous sens, de la Nouvelle Orléans jusqu'à Cuba.
Après l'Armistice et son retour à Paris, il pour­suit ses voyages en Algérie en Tunisie puis en Italie, en Espagne et au Portugal.
De ces périples, il rapporte des carnets de croquis, érotiques pour une grande partie d'entre eux. Ces derniers, s'ils avaient fait scandale outre-Atlantique, sont reçus par la cri­tique française: «Pourquoi, dit-il, une femme est-elle considérée comme moins obscène de dos que de face, pourquoi une paire de seins, un nombril, un pubis sont-ils de nos jours encore considérés comme impudiques, d'où vient cette censure, cette hypocrisie? De la religion?». Pascin est de tous les bals, toutes les fêtes et tous les banquets parisiens; il n'a jamais cessé de fréquenter les maisons closes montmartroises dont les «filles» sont le sujet de ses oeuvres au même titre que sa femme Hermine David ou sa maîtresse Lucy Krogh.
Ce parfum, entêtant parfois, d'érotisme popu­laire reste perceptible dans l'oeuvre que nous présentons, où une femme en tenue légère est assise dans un fauteuil, l'air pensif et triste. Ici, l'artiste contrebalance l'érotisme sensuel du sujet par une atmosphère douce et mélan­colique suggérée par la délicate déclinaison des tons pâles, gris, bleutés et roses qu'il affectionne. Erotisme et tristesse sont sans conteste les deux leitmotivs indissociables de la production picturale de l'artiste dans les dernières années de sa vie.
A l'heure où la figuration se voit questionnée par les cubistes, les abstraits ou les surréa­listes, Pascin sombre dans les affres de l'alcool et surtout du doute au point de suicider à 45 ans, dans son appartement du boulevard de Clichy. Ses funérailles sont un jour de deuil pour le monde artistique parisien.
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