CHATEAUBRIAND FRANÇOISRENÉ DE (1768-1848)

Lot 108
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CHATEAUBRIAND FRANÇOISRENÉ DE (1768-1848)

MANUSCRIT autographe signé «Chateaubriand», Le Naufrage, [1831]; 3 pages in-4 (petite déchirure au pli central du bifolium renforcé au papier gommé, avec petits manques touchant la lettre finale de 3 lignes).
Beau poème dédié à Madame Récamier, et inséré dans les Mémoires d'Outre-Tombe.
[Ce poème de neuf quatrains a été envoyé à Madame RÉCAMIER de Genève le 9 juin 1831 avec ce commentaire: «Enfin, voilà mes vers. Vous êtes mon étoile et je vous attends pour aller à cette île enchantée où je dois vivre auprès de vous [...] Il faut un marin pour lire les vers et les comprendre. [...] Votre intelligence suffira aux dernières strophes et le mot de l'énigme est au bas»... Comme l'a noté Maurice Levaillant, Chateaubriand y développait en vers une idée formulée dans une lettre du 5 mai 1829: «Je sortirai de Rome pour entrer à l'hôpital. Malheureusement mon édition complète est vendue, ma cervelle vide et ma santé altérée; mais aussi j'ai moins de chemin à franchir dans la vie pour arriver au bout, et je n'ai pas besoin d'embarquer tant de provisions sur un vieux vaisseau prêt à faire naufrage»... Le
Naufrage fut publié en 1832 dans Paris ou le Livre des Cent et Un, t. VIII (p. 393-396), avec le sous-titre: «Vers adressés à Mme
Récamier». Chateaubriand l'a inséré dans les Mémoires d'Outre-Tombe (livre XXV, chap. 6); c'est pour cela qu'il a noté au crayon en tête: «copier entier».]
Le manuscrit porte en fin la dédicace: «à Madame Récamier. Chateaubriand».
La première strophe est très corrigée et raturée: «Rebut de l'aquilon, échoué sur le sable, Vieux vaisseau fracassé dont finissoit le sort
Et que dur charpentier, la mort impitoyable
Alloit dépecer dans le port ! [...]
Ce vaisseau c'est ma vie, et ce Nocher moi même. [...]
Un astre m'a montré sa lumière que j'aime [...]
Cette étoile du soir qui dissipe l'orage, Et qui porte si bien le nom de la beauté, Sur l'abyme calmé conduira mon naufrage
A quelque rivage enchanté.
Jusqu'à mon dernier port, douce et charmante étoile, Je suivrai ton rayon toujours pur et nouveau;
Et quand tu cesseras de luire pour ma voile, Tu brilleras sur mon tombeau».
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