FRANÇOIS-MARIE AROUET, DIT VOLTAIRE (1694-1778)

Lot 18
2 000 - 3 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 2 528 €

FRANÇOIS-MARIE AROUET, DIT VOLTAIRE (1694-1778)

La Pucelle d'Orléans poëme
Divisé en quinze livres. Par monsieur de V***. Louvain [Francfort ?], 1755.
Petit in-8 (175x108). Plein maroquin citron, chiffre doré dans les angles des plats, dos à nerfs orné du même chiffre doré et répété, double filet sur les coupes; tranches dorées [Motte] 2 ff. et 161 pp.

Véritable édition originale, exemplaire du premier état d'une grande rareté.
Voltaire avait une affection particulière pour ce livre qu'il appelait «ma Jeanne». La composition de La Pucelle d'Orléans commencée en 1730 se fit progressivement sur une vingtaine d'années.
Voltaire envoyait les chants à mesure de leur rédaction à des amis et relations, notamment M. d'Argental, le duc de La Vallière, Frédéric
II de Prusse et la marquise de Pompadour, si bien que de nombreux manuscrits se trouvèrent en circulation. Des rumeurs contradictoires coururent: les unes laissaient entendre que Voltaire avait pris à son service des copistes pour produire de multiples manuscrits comportant des vers sulfureux et des turpitudes qu'il insérait à dessein. L'autre version des faits, plus officielle, affirmait que Voltaire était indigné par les altérations inadmissibles apportées à son poème. Cette réputation sulfureuse fit qu'«un véritable marché noir s'organisa et l'on comptait, d'après les journaux de l'époque, plus de six mille copies donnant souvent un texte falsifié» (BN, Voltaire, n° 331). En 1755 parut enfin l'édition originale in-12 en quinze livres (par M. de V***, à Louvain), que Voltaire, par prudence, refusa d'assumer, fidèle en cela à son principe: «Les philosophes doivent être comme les petits enfants: quand ceux-ci ont fait quelque chose, ce n'est jamais eux, c'est le chat qui a tout fait.». La même année sortirent d'autres éditions à des enseignes différentes. La dispersion des lieux d'impression était le seul moyen de pallier la faiblesse de la production et la lenteur des transports. C'était aussi le meilleur moyen de tourner les interdictions. (Rappelons que La Pucelle sera condamnée par décret de la cour de Rome en janvier 1757, et que huit imprimeurs et relieurs furent condamnés la même année au carcan et à trois ans de bannissement !) Voltaire se résolut, en 1762, à en donner une première édition officielle à Genève chez Cramer.
Le présent exemplaire appartient à la véritable originale en premier tirage, d'une très grande rareté. Très bel exemplaire à grandes marges en reliure Xix°
Coins légèrement écrasés, mais bel exemplaire.

RÉFÉRENCE
Brunet V-1361. Bengesco, I, n°478

PROVENANCE
de la bibliothèque Lurde et Ruble avec ex-libris et chiffre doré sur le dos et les plats de la reliure (Cat. 1899, n° 261).
Ex-libris Albert Natural vente du 7 & 8 décembre 2009 n°116.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue