Lot 2
100 000 - 120 000 €
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Résultat: 156 000 €

LE PHO (1907-2001)

Piéta, circa 1935
Encre et couleurs sur soie, signée en bas à gauche

58 x 46 cm - 22 7/8 x 18 1/8 in



Ink and color on silk, signed and dated lower left

PROVENANCE:

Collection privée, Paris



Considéré comme l'une des figures de proue de l'art vietnamien moderne, Le Phô, fils du vice-roi du Tonkin, nait en 1907 à Hadong. Manifestant un intérêt poussé et des pré­dispositions pour la peinture et le dessin, il intègre rapidement l'École des Beaux-Arts d'Indochine. Il y fait la connaissance de Victor Tardieu, fondateur et directeur de l'institution, qui l'influencera durablement.
Par les enseignements prodigués, Le Phô découvre l'art occidental et ses techniques, comme notamment la peinture à l'huile. Néan­moins, l'École des Beaux-Arts promeut éga­lement l'identité asiatique et vietnamienne du point du vue du style et des techniques de créations à l'instar de la peinture sur soie, ou de la laque.
Sensible au talent du jeune Le Phô, Victor Tar­dieu l'emmène en France à l'occasion de l'Ex­position coloniale de 1931, à Paris. Il profite de ce séjour pour visiter l'Europe, et notam­ment l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas, ce qui lui permet d'enrichir ses connaissances de l'art de l'Occident.
En 1934, à l'occasion d'un voyage à Pékin, il découvre la peinture traditionnelle chinoise, dont l'influence impacte sa production.
En 1937, Le Phô s'installe définitivement à Paris. Il intègre rapidement le milieu artis­tique moderne et avant-gardiste de l'époque, développant ainsi un style personnel, riche de référence.
Faisant preuve d'une étonnante capacité d'assimilation, Le Phô met en place un art de synthèse original entre Orient et Occi­dent, tout en s'éloignant de ses référents classiques chinois et italiens. Il se rapproche alors de ses contemporains comme Puvis de Chavannes ou Pierre Bonnard.
La production du peintre se scinde donc en deux périodes. Jusqu'en 1945, la pein­ture de Le Phô est classique par l'emploi d'une peinture traditionnelle chinoise, dans un style purement asiatique du point de vue des sujets, du médium et de la technique. En revanche, après 1945, la peinture de Le Phô connait une «modernisation» de son style, du fait de l'influence occidentale dans laquelle l'artiste évolue. Sa touche devient plus visible et fragmentée, à l'image de celle des Impressionnistes. Quant aux couleurs, elles sont plus vivaces et claires, ce qui révèle une certaine influence de Pierre Bonnard.
Le Phô opère même un changement de tech­nique, il se détourne de l'encre et des cou­leurs sur soie pour lui préférer l'emploi de la peinture à l'huile sur toile.
L'oeuvre présentée est empreinte de douceur et de poésie, mises en lumière par des cou­leurs tendres et douces, par la légèreté des lignes. Son thème de prédilection demeure la femme, qu'elle soit représentée en jeune fille délicate ou en mère attentionnée.
Fort d'un art en constante évolution, Le Phô conserve toutefois un style personnel et identifiable. Célébré de son vivant, il expose à plusieurs reprises en Algérie et en Amé­rique du Nord dès les années 60. La peinture de Le Phô n'a jamais été oubliée, mais elle fait l'objet d'une réelle redécouverte et d'un remarquable regain d'intérêt.

Le Pho, son of the Viceroy of Tonkin, was born in 1907 in Haidong. He studied at the Fine Arts School of Indochina, where he studied in the first class from 1925 to 1930, under the supervision of its founder Victor Tardieu and with the painter Professor Joseph Inguim­berty.
The teaching provided by the EBAI. At the same time, it is more often the case that it is used to Le Van De, May Trung Thu, and Vu Cao Dam, whose works are also presenting in this auction.
In 1931, Victor Tardieu, taken by the talent of the young Vietnamese artist Le Pho, some­thing to make him his assistant for the Colonial Exhibition in Paris. Subsequently, and until 1933, Le Pho travelled throughout Europe, including across the Netherlands, Italy, and Belgium which allowed him to experience and compare the purest forms and traditions of Western culture. Discovering the Flemish and Italian primitives and the great masters of the Renaissance had a profound impact on the development and maturing of the young artist's style.
Le Pho returned to his home country in 1934, before making a trip to Beijing during which traditional Chinese painting, Song and Ming in particular, was a revelation to Le Pho.
Back in Paris in 1937, he was there until the end of his life. He encountered the painting of Dufy and Bonnard, as well as Marquet and Matisse, 1941 and 1943 respectively.
Demonstrating an astonishing capacity for adaptation, Le Pho created an original syn­thesis with marked developments throughout its career. He is gradually emerging from the tradition of classical painting, and is one of the most influential artists in the history of the avant-garde to whom he was introduced.
Le Pho touched upon throughout his career: portraits, iconographies with religious ten­dencies, flower paintings, and still lifes.
圣殇

绢本设色水墨,署名于左下角。
更正:58 x 46 cm – 22 7/8 x 18 1/8 in

来源:
巴黎私人收藏
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