DUPLEIX DE CADIGNAN JEANBAPTISTE (1738-1824) OFFICIER

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DUPLEIX DE CADIGNAN JEANBAPTISTE (1738-1824) OFFICIER


MANUSCRIT autographe signé, Journal des differentes campagnes que j'aÿ fait soit par terre ou par mer, depuis que je suis entré au service, ainsi que des principaux evenements qui se sont passés dans les differents climats que j'aÿ parcouru..., 1784-1785; 2 volumes de 285 pages grand in-fol.
et 141 pages in-fol., reliures de l'époque en parchemin.
SIGNEDAUTOGRAPH MANUSCRIPT
Journal des differentes campagnes que j'ay fait soit par terre ou par mer, depuis que je suis entre au service, ainsi que des principaux evenements qui se sont passes dans les differents climats que j'ay parcouru..., 1784-1785 2 volumes, 285 pages in-fol. and 141 pages in-fol., parchment bindings.
Thirty years of memoirs related to military services and important information on the American War of Independence.
Très intéressant manuscrit de mémoires de plus de trente ans de services de cet officier, notamment sur la GUERRE D'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE.

Jean-Baptiste Dupleix de Cadignan est né à Condom (Gers) en 1738 et fit, comme ses cinq frères une carrière d'officier: lieutenant en 1754, capitaine en 1756, il est promu lieutenant-colonel du régiment d'Agenais et nommé chevalier de Saint-Louis en 1777; il prit part aux combats de Yorktown en 1781 et de Saint-Christophe en 1782; il prit sa retraite en 1785 et se retira à Condom.
Cet important manuscrit fut élaboré d'après des journaux de bord tenus au jour le jour, et augmenté de récits d'événements dont le chevalier de Cadignan fut le témoin ou eut une connaissance directe. Il comporte des précisions sur les vents, la mer, la visibilité; les colonels, lieutenants-colonels et majors sous lesquels, ou avec lesquels Cadignan servit; les noms de vaisseaux, de leurs capitaines et des compagnies embarquées; les distances parcourues quotidiennement; des mots mémorables, des anecdotes sur des erreurs administratives ou stratégiques; des échos transmis par des marins, des espions ou des déserteurs; mais aussi des descriptions des lieux et des peuples, des observations piquantes, et d'intéressantes analyses historiques et militaires sur la rivalité durable entre la France et l'Angleterre, et le rôle Français dans la conquête de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Nous ne pouvons en donner ici qu'une rapide analyse.
État des services de Dupleix de Cadignan.
Brève chronologie de sa carrière en France, Angleterre, Irlande, Corse, Saint-Domingue et Amérique, dans le régiment d'infanterie de Bourgogne, puis celui d'Agénois. Dupleix Cadignan ajoute tardivement: «J'etois entré au service le 15 avril 1754, et j'aÿ quitté le 15 aoust 1785»...
1755-1758. Campagne de Louisbourg, île Royale (île du Cap Breton, sur la côte du Canada). «Sur le rapport qui s'est fait au roy, de la foiblesse de ses colonies dans l'Amerique septentrionale, et du dessein que paroissoit mediter depuis longtemps l'Angleterre, dont les etablissements confinent avec les notres, de s'agrandir, et de se rendre maitresse de toutes nos possessions dans ce nouvau monde. Pour prevenir les vues ambitieuses d'une couronne que la France doit toujours regarder avec raison comme son ennemie, sa majesté resolut de mettre le Canada à l'abri de toute insulte, en ÿ faisant passer des troupes pour arreter les courses des Anglois»... Embarqué le 11 avril 1755 sur le Dauphin royal (70 canons, capitaine M. de Montalet), à Brest, «l'on occupa toute l'escadre à des frequents exerçiçes de canon et de mousqueterie, pour la mettre en état de resister aux anglois, d'apres les différents bruits qui couroient qu'ils devoient nous attaquer au sortir de Brest»... La flotte met à la voile le 3 mai; le 8 juin, à trois jours Louisbourg, a lieu un combat naval au cours duquel les Anglais prennent deux vaisseaux...
- «Description de l'isle Royale»: climat et ressources naturelles, histoire de sa colonisation, moeurs de la «nation sauvage» des «Mickmaks »... - Siège de Louisbourg: au terme de 49 jours de combats et de destructions, la garnison française capitule, le 26 juillet...
1759-1760. Campagne du Nord. Prisonnier de guerre pendant sept mois, en Angleterre, Cadignan rentre en France le 1er avril 1759 et fait la campagne maritime dans le Nord avec le capitaine THUROT, parcourant Göteborg (Suède), Bergen (Norvège), les îles Fero (gou vernées par le Danemark), et participant à la prise de Carrickfergus (Irlande), en février 1760... - Récit du pillage, «usage de la guerre», et suite inattendue: Cadignan passe deux mois et demi à Belfast, à nouveau prisonnier de guerre... 1769-1772. Campagne en Corse contre Paoli. Un ordre du comte de VAUX, chargé de soumettre la Corse, est mal interprété par les chefs du régiment de Bourgogne, et celui-ci est «écrasé», subissant plus de pertes que l'armée toute entière. Portrait de Pascal PAOLI: ses ambitions tyranniques, ses talents de chef de parti politique, sa persécution
Fabiani, les secours clandestins qu'il reçoit d'Angleterre...; considérations sur les habitants «fanatiques» de la Corse; observations sur les bandits corses «de père en fils».... Opérations militaires contre les rebelles, menées sous les ordres de Vaux, Marbeuf, Vioménil, Caupène, Boufflers, Arcambal, etc. - 1777-1779. Saint-Domingue. La traversée depuis Brest. Descriptions de Ténériffe, Martinique, Porto Rico, le Cap François et le Mole Saint-Nicolas (Saint-Domingue)... - Motifs de l'intervention française: mettre fin à la prétention des Anglais de faire la police des mers, et d'empêcher l'aide aux «insurgents» américains... De l'inévitabilité de la révolution américaine, et de l'erreur monumentale
Anglais, de croire à une «sédition passagère»...
- L'entrée en guerre de la France: le départ de l'escadre du comte d'ESTAING «fit ouvrir les yeux» aux Anglais... Nouvelles des combats de la Belle Poule, 17 juin 1778, et de la Concorde, 22 août 1778. - Prise d'armes au Cap, le 27 août, pour entendre la lecture, par le comte d'ARGOUT, gouverneur général de l'île, d'une lettre du Roi les incitant à «toutes les hostilités autorisées par les loix de la guerre»... - Notes sur les mouvements de bateaux français, anglais, hollandais, échos de la guerre, regrets qu'un nombre insuffisant de vaisseaux les empêche de prendre la Jamaïque... - Relation du combat de Minerve contre un corsaire anglais, 9 janvier 1779. - Tentatives pour obtenir l'aide financière ou matérielle des Espagnols à la Havane ou dans la partie espagnole de Saint-Domingue.
- Mutinerie sur un bâtiment français parti
Lorient. - État des vaisseaux aux ordres du comte d'ESTAING: canons, commandants...
- Digression: «Précis de la campagne, et de la conquête du Senegal par Mr le marquis de Vaudreuil, en 1779»... - L'Espagne entre en guerre contre l'Angleterre, 1er septembre 1779: état de sa marine, ses canons, ses commandants des vaisseaux... - Tableau des pertes et mutations dans le bataillon que Cadignan commande, 1775-1779; tableaux des armées navales britannique, et franco-espagnole. Réflexions sur la supériorité de ces dernières, et cependant la Grande Bretagne «n'avoit encore eprouvé à cette epoque d'autre revers notable que la defaite de l'amiral Byron, et la prise des isles St Vincent et de Grenade, qui apres tout n'etoient pas des evenements irreparables, d'autant qu'ils avoient à nous Pondichery dans les Indes, et Ste Lucie aux Antilles. Il n'ÿ eut pas un moment de decouragement dans les ministres anglois. Ils chercherent seulement à reveiller adroitement dans toutes les cours de l'Europe, l'idée de l'ambition de la France, idée née sous Louis XIV, eteinte dans un regne de 60 ans, et dont les vestiges auroient surtout dû être effaçés par la moderation que France montroit sous Louis XVI. Cest peut être à cette moderation que nous dûmes le silence observé dans toute l'Europe dans la querelle de ce temps-la. En effet que demandoit la France à cette epoque ! la liberté du commerçe, et de l'Amerique !»...
Campagne d'Amérique. - Expose des motifs de la conduite de France relativement a l'Angleterre dans la guerre de 1778, concluant à la droiture des intentions de Louis XVI... - Precis de la campagneMr le comte Destain dans l'Amerique septentrionale et aux Antilles en 1778, et 1779: vibrante relation des exploits de l'amiral d'Estaing, où l'on rencontre les noms de WASHINGTON, SULLIVAN, BARRINGTON, VAUDREUIL, GRASSE, NOAILLES, PRÉVOST, DILLON, etc. État comparatif de ses forces, et de celles de l'amiral Howe, à son arrivée.
Blocus de Rhode Island. Manifeste adressé par d'Estaing, au nom du Roi de France, aux «anciens françois de l'Amérique». Prise de l'île
Saint-Vincent. Combat naval et conquête de la Grenade. Préparatifs pour donner l'assaut à Savannah (Géorgie); erreurs stratégiques; blessures reçues par d'Estaing: «Sa retraite jetta nos troupes dans la consternation, surtout lorsqu'on le vit passer tout ensanglenté porté sur un brancar par six grenadiers. Il seroit impossible de rendre jusques à quel point il s'etoit consilié l'amour des soldats, par sa bravoure, et son affabilité, je crois bien aussi que la maraude qu'il avoit toleré dans le prinçipe ÿ avoit un peu contribué»... Levée du siège. Jugement sur cette «fameuse expédition» de d'Estaing: «On ÿ voit les lauriers qu'on se proposoit de ceuillir se convertir en cÿprés.
L'armée de terre n'eut qu'à sen louer. Il fit tout ce qui etoit en son pouvoir pour soulager les soldats tant que le siege dura, il n'epargna ni sa personne ni sa bourse. Mrs de la marine n'en firent pas le même eloge»... Cadignan souligne cependant que d'Estaing «fut constament persecuté par les vents», et il accuse l'ambivalence des Américains: «chez le peuple l'on ÿ decouvroit toujours la même anthipatie contre la nation françoise. Je doute que les americains sÿmpatisent jamais avec les françois, qu'autant que leur interet personnel les ÿ portera [...], ils oublieront bien vite que cest à la Françe, à qui ils sont redevables de leur independence. Il est à craindre que par la suite des temps, lorsque les 13 cantons unis de l'Amerique se seront peuplés, ce qui doit avoir lieu neçessairement, vu la liberté generale de consciençe qui ÿ est accordée, ce peuple ne vienne à calculer ses forçes et ses ressourçes, et combien il lui seroit facile de reunir à sa domination, la plus grande partie des possessions que les diverses puissançes de l'Europe possedent dans les Antilles. Ils pourroient tres certainement s'emparer de St Domingue, la Martinique, et la Guadeloupe avant que la Françe n'eut songé à faire sortir un seul vaisseau de Brest. Je desire me tromper dans mes conjectures»... 1780-1781, reprise du journal de Saint-Domingue. Mort du gouverneur général d'ARGOUT, 8 mars 1780; mort à 120 ans (et éloge) du capitaine VINCENT OLIVIER, nègre et ancien esclave affranchi, vétéran de la guerre de la succession d'Espagne et capitaine des milices de couleur à Saint-Domingue. Relation du combat naval du 19 mars au large de l'île par LA MOTTE-PICQUET. Appréciation LILLANCOURT, gouverneur général par intérim, qui fit promptement reconnaître M. de REYNAUD dans le commandement général de l'île.
Arrivée d'un convoi de 90 bâtiments (23 avril 1780). Trois combats au large des îles du Vent, entre les flottes commandées par GUICHEN et RODNEY, juin-juillet 1780... Trahison du général Benedict ARNOLD, fameux patriote, «un de ceux qui contribua le plus avec le general
Gates, à la destruction de l'armée roÿaliste commandée par le general Burgoigne, et qui n'evita sa perte totale que par la capitulation honteuse qu'elle fit à Sarratoga. C'etoit enfin le meilleur ami, le bras droit du general Wasingthon»...; tentative manquée de Lord CLINTON, commandant en chef des forces britanniques, de s'emparer du fort de West Point, «le Gibraltar de l'Amérique septentrionale»: détails abondants sur le complot, sa découverte, les suites tragi-comiques...
Échec d'une attaque anglaise sur Saint-Vincent. Prise par l'amiral RODNEY de la colonie hollandaise de Saint-Eustache (îles du Vent).
Relation du combat naval du 16 mars 1781, dans la baie de Chesapeake, entre l'escadre aux ordres du chevalier DESTOUCHES, et celle commandée par l'amiral ARBUTHNOT. Détails relatifs à l'escadre de M. de MONTEIL, partie du Cap en décembre 1780, rentrée en juillet 1781: expédition franco-espagnole au fort de Penascola (île Sainte-Rose)... Précis des opérations de l'armée navale du comte Grasse aux îles du Vent...
Journal de la campagne du comte de Grasse dans l'Amérique septentrionale dans l'an 1781. 2 aout, embarcation d'un corps de 3300 hommes, sous les ordres du marquis de SAINT-SIMON, sur la flotte commandée par le comte de GRASSE. Cadignan en fait partie, avec le Régiment d'Agénois. Récit détaillé du voyage jusqu'à leur arrivée, le 30 août, dans la baie de Chesapeake.
Siege de la ville d'Yorck par l'armée americaine et françoise, aux ordres du generalissime Wasingthon. Exposé de la position du marquis de LA FAYETTE, en Virginie. 2 septembre, description
Jamestown (Virginie), détruite par les barbares anglais: foyers abandonnés, maisons incendiées, cadavres de femmes et enfants dans la rue, violation des sépultures... 4-5 septembre, observations sur les troupes américaines sous les ordres de WASHINGTON: montures superbes, armement limité, habillement tout personnel. «Le general Wasingthon n'a jamais pu les familiarizer avec le canon, encore moins les faire rester en raze campagne. Nous les comparions aux corses, dans leur maniere de faire la guerre, dailleurs excellents tireurs comme eux, ne manquant jamais à une bonne portée le bût auquel ils visent, tres sobres, et tres endurçis à la fatigue»... Nouvelles des Anglais, par une patrouille capturée par les Américains: préparatifs du général anglais CORNWALLIS, pour se retrancher à York [Yorktown]. Nuit du 7 au 8 septembre, départ pour Williamsburg. 9-10 septembre, revue des troupes par LA FAYETTE et SAINT-SIMON; admiration à la vue de Williamsburg, désertée, mais dotée d'un College et d'un Capitole magnifiques. 13 septembre, fourniture de chevaux réquisitionnés par NELSON, gouverneur de la Virginie. Arrivée du comte de STUBENS, ancien aide de camp du Roi de Prusse, passé major général au service du Congrès; il a donné aux Américains «les premiers elements de la tactique militaire»... 14 septembre, arrivée du généralissime WASHINGTON et du général ROCHAMBEAU; portrait élogieux
Washington, qui n'a jamais désespéré du salut de la République...
Préparatifs secrets de cette bataille qui doit libérer la Virginie... 15 septembre, visite par Washington et Rochambeau des postes avancés de l'armée français; éloge public de LA FAYETTE. 16 septembre, réception d'une dépêche du comte de GRASSE: sa flotte s'est réunie avec l'escadre du comte de BARRAS, et ils ont eu un combat naval avec l'armée anglaise commandée par les amiraux GRAVES et HOOD.
«Précis» de ce combat. 17 septembre, Washington et Rochambeau se rendent dans la baie de Chesapeake, pour préparer avec Grasse les opérations du siège d'York. «Lorsque le generalissime eut debordé de la Ville-de-Paris, on le salua de 3 cris de Vive-le-roi, et de 13 coups de canon»... 21 septembre, arrivée de 600 hommes aux ordres de M. de CHOISY, venus de Rhode Island sur l'escadre de Barras. 22 sep tembre, retour de Washington et Rochambeau. Explosion: CORNWALLIS avait envoyé 6 brûlots pour mettre le feu aux vaisseaux et bloquaient la rivière... 23-26 septembre, réunion à Williamsburg de troupes aux ordres du baron et du comte de VIOMÉNIL. 27 septembre, la division américaine commandée par La Fayette et le corps du général GREEN se portent à 6 miles en avant. 28 septembre, départ des armées française et américaine pour York. Critiques sur les erreurs stratégiques de CORNWALLIS, qui les laisse approcher sans opposition. L'ennemi se retire de ses avant-postes alors qu'ils débouchent dans la plaine... Quelques coups de canon sont tirés vers Washington, Rochambeau et leurs officiers d'état-major, plutôt «pour leur faire honneur, que pour les troubler dans leurs opérations»... 28-30 septembre, travaux d'élargissement des voies de communication, construction de redoutes... Topographie de Yorktown. Imprévoyance de Cornwallis, et médiocre état de ses fortifications.
Reconnaissance des alentours par le comte de Vioménil, les grenadiers d'Agénois et les chasseurs de Gâtinais; décisions stratégiques.
Découverte de deux redoutes abandonnées par Cornwallis: explication de cette erreur, qui prouve que le général était moins entreprenant qu'on ne le disait... 1er-6 octobre, préparatifs du siège; ouverture de la tranchée, dans la nuit du 6. 7-8 octobre, feu sur les travailleurs, réplique par les «riffle-man» de La Fayette... 9-11 octobre. Washington ordonne le début du feu; poursuite des travaux nocturnes sur la tranchée; prix de ces travaux. Rapport d'un déserteur... On tire «à boulets rouges» sur les bâtiments dans la rade: le Charron, 44 canons, prend feu; dès lors «toutes les batteries de canon et de mortier se dirigerent sur ce point, et firent jusques au jour un feu epouvantable»... 11-12 octobre, Washington et Rochambeau décident de faire ouvrir une autre parallèle, à 100 toises des retranchements ennemis; échec d'une tentative de brûler les abattis de l'ennemi en avant de sa redoute de la droite... 12-13 octobre, feu terrible sur les travailleurs: 30 morts ou blessés; entrée dans la nouvelle parallèle, dont le point le plus éloigné est à 120 toises du corps de la place. «à chaque pas que nous faisions en avant, notre etonnement redoubloit. Nous ne pouvions pas conçevoir la cause d'une aussi parfaite tranquilité de la part de l'ennemi. On pouvoit même l'appeler, apathie, dans toutes les regles.
Comment, etoit-il possible ! que 6000 hommes des troupes réglées, des troupes agguerries, accoutumées au climat, bien nourries, et bien paÿées, nous laissassent ouvrir une seconde parallele, aussi prez du corps de leur place, sans faire des vigoureuses sorties»... 13-14 octobre, bombardement ennemi: 75 hommes tués ou blessés, «la plus forte perte tomba sur les americains, qui sans se decourager travaillerent toute la nuit avec une ardeur sans egale»... Nouvelles d'une désertion «tres considerable» de la part d'Allemands au service des Anglais. 14-15 octobre, décision de prendre les deux redoutes occupées par l'ennemi, en dehors de la place: les Français sont chargés de la plus forte des deux. «Le baron de Viosmenil n'eut pas plustot prononçé le signal convenu, qui etoit a moi, grenadiers, vive le roi, tue, tue ! que les grenadiers et chasseurs [...] arrachent, et penetrent dans çes abattis de sapin, à travers une grelle efroÿable de mousqueterie, et arrivent au pied de la redoute. Les uns plantent leurs echelles, les autres sautent dans le fossé, grimpent par dessus, et s'acrochant aux palissades, penetrent dans la redoute, sans que la mort, ni la chute de leurs camarades qui etoient renversés dans le fossé puisse les intimider. Des l'instant qu'une partie de ces braves gens, eut penetré dans la redoute, l'ennemi ne fit point la resistance à laquelle l'on s'attendoit. Les anglois se replierent dans un des boÿaux qui communiquoit au corps de la place, et de la ils firent un feu terrible, et maltraiterent beaucoup nos troupes. Pour ceux qui voulurent tenir ferme dans la redoute, ils furent presque touts egorgés, à la reserve de 40 anglois, et de 5 officiers, auxquels le baron Viosmenil sauva la vie. Il les envoya sur le champ au generalissime
Washington»... Bilan des pertes... 15-16 octobre, 500 hommes de l'infanterie légère de Cornwallis font une sortie nocturne et attaquent le régiment d'Agénois; le colonel d'Autichamp rallie ses troupes et les Anglais regagnent leurs retranchements... 16-17 octobre, pluie d'obus sur la tranchée: ce fut le «dernier effort» de l'ennemi, et le 17 «vers les 4 heures du soir on vit sortir des retranchements un offiçier anglois avec un mouchoir blanc a la main faisant signe qu'il avoit une lettre à remettre. Des qu'il fut entré dans notre tranchée il pria qu'on fît cesser le feu, et qu'on le conduisit au general Washington»...
On voit des chaloupes quitter York pour Gloucester... 18 octobre, échange d'otages, discussion des articles de la capitulation. Explication de la politique du Congrès, visant à «séduire» les étrangers pour les faire s'établir en Amérique... 19 octobre, texte des articles de la capitulation; cérémonie de la sortie d'York, à laquelle Cornwallis n'assiste pas, remplacé par le général WAREM, commandant le bataillon des gardes angloises: il tâche de présenter son épée à Rochambeau, mais celui-ci le renvoie au généralissime américain.
Contrairement à l'usage, et à la différence de leurs camarades allemands, les officiers anglais défilent «leurs mains nonchalement derriere le dos, leurs epées dans le fourreau, une legere canne à la main, et ne saluerent exactement que les officiers généraux des deux armées qui etoient à l'entrée de la ville. Cette conduite ainsi que leur arrogance revolta les deux armées»; les soldats anglais évitent de regarder les Américains... - Evenement qui prouve que le prejuge national put etre detruit: petit roman sentimental arrivé chez un planteur francophobe...
Traversée de l'Amerique septentrionale, à la Martinique sur la flotte du comte de Grasse, 28 octobre-26 novembre 1781. Journal de bord avec ordre de marche des vaisseaux.
1781-1782. ANTILLES. Reprise du journal de bord, dans le second volume. Le régiment d'Agénois est alors aux îles du Vent. Relation de la prise de Saint-Eustache, par le marquis de BOUILLÉ, fin novembre. Siège de l'île de Saint-Christophe, auquel Cadignan participe, avec détail des manoeuvres des armées navales française et anglaise, janvier-février 1782, et texte de la capitulation des îles
Saint-Christophe et Nièves. Événements dans les mers des Antilles, mouvements de vaisseaux, manoeuvres. Combat naval du 12 avril 1782, entre RODNEY et GRASSE; ses suites; longue analyse de l'importance de la victoire anglaise, et des erreurs d'appréciation de Versailles et
Madrid; bilan des morts et blessés.
Journal de la traversée du Port-au-Prince en France en 1782, 1er août-28 novembre; voyage dont les étapes sont marquées avec précision, de même que les aléas tels qu'une insuffisance dangereuse d'eau douce, le risque des corsaires, la rencontre d'un petit navire anglais en détresse...
Précis des differents evenements de la guerre qui a procuré l'independence aux Etats Unis de l'Amérique: chronologie récapitulative, suivie d'états de la population, des principaux ports américains, et des pertes anglaises, françaises, espagnoles, hollandaises et américaines, en vaisseaux, frégates ou corvettes.
On joint divers documents familiaux: lettres de chevalier de Saint-Louis pour Louis Dupleix de Cadignan signées par Louis XVIII, 1814; partage de succession parmi les parents de la veuve de Louis Dupleix, 1829, et son testament, 1830; liste de frégates et bâtiments du Roi; etc.

PROVENANCE
Vente Néret-Minet & Tessier, 26 juin 2009 (n° 75).
 
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