Exceptionnelle commode à décor «au vernis»…

Lot 256
120 000 - 150 000 €
Résultat: 142 800 €

Exceptionnelle commode à décor «au vernis»…

Exceptionnelle commode à décor «au vernis» de chinoiseries or et argent à l'imitation des laques du Japon représentant des paysages à pagodes animés de pêcheurs, oiseaux et papillons; de forme rectangulaire, elle ouvre par deux tiroirs dissimulés dans une frise de grecques en relief et par deux tiroirs sans traverse; montants à pans coupés et réserves évidées; pieds fuselés à bagues à godrons et cannelures; ornementation de bronze finement ciselé et doré tels que rosaces turbinées à graines, anneaux laurés, macarons feuillagés, entrées à filets et sabots à feuilles d'eau. Par Jean-François Leleu (trace d'estampille). Epoque Louis XVI. Plateau de marbre H: 80,5 - L: 103 - P: 49 cm. La composition originale de cette commode est représentative des meilleures réalisations de Jean-François Leleu, qui se caractérisent particulièrement par la qualité des assemblages, l'équilibre des proportions et la sélection rigoureuse des matériaux employés en placage, marqueterie, vernis ou laque, qui constituent la véritable signature de l'ébéniste et distinguent ses meubles de la plupart de ceux de ses confrères parisiens de l'époque. Ainsi, l'on retrouve notamment ce même parti pris sur un bureau plat illustré dans J. Nicolay, L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, 1982, p.297, fig. M; ainsi que sur un socle supportant une figure en porcelaine qui a été vendu chez Sotheby's, à Paris, le 28 avril 2009, lot 111; enfin, sur une paire d'encoignures et une commode, provenant des collections du marquis de Brunoy, respectivement vendues à Neuilly, Me Aguttes, le 19 décembre 2007, lot 267, et à Paris, Hôtel Drouot, Piasa, le 20 décembre 2000, lot 88. La commode que nous proposons s'intègre parfaitement à l'œuvre de l'ébéniste qui comprend d'autres modèles de dessin similaire, également ornés de rosaces turbinées sur le haut de leurs montants à pans coupés, mais réalisés en placage ou en marqueterie, citons: une première commode de ce type qui a été proposée aux enchères à Paris, Me Millon, le 2 avril 1997, lot 112; ainsi qu'une deuxième est passée en vente chez Christie's, à New York, le 1 novembre 1989, lot 84; et une dernière vendue à Paris, Palais Galliera, le 10 décembre 1971, lot 102; celle présentée a la particularité d'avoir conservé son décor «en vernis Martin» réalisé dans le goût de l'Orient. Cette mode dérivait librement des créations françaises de la fin du XVIIe ou du début du siècle suivant qui faisaient suite à l'entrevue de Louis XIV et des ambassadeurs du roi de Siam en 1686 qui suscita un exceptionnel engouement pour les objets venus d'Orient et eut pour principale conséquence, quelques décennies plus tard, l'adaptation de panneaux de laque orientale sur des créations d'ébénisterie de facture parisienne. Rapidement, le coût très élevé des panneaux de laque entraîna une parade particulièrement audacieuse initiée par les marchands-merciers désireux de réduire le coût de fabrication de leurs meubles: le vernis européen. Leleu n'était pas véritablement spécialisé dans ce type de décor et ne réalisa que quelques meubles à panneaux de laque ou décorés en vernis; ce qui suggère que ces meubles dits «de commande» étaient spécialement conçus par l'artisan pour le compte d'un grand marchand-mercier parisien. Ainsi, parmi les rares commodes à panneaux de laque ou «vernis Martin» de l'ébéniste, citons: un premier modèle, d'esprit Transition Louis XV-Louis XVI, qui se trouvait anciennement dans la collection Riahi (vente Christie's, Londres, le 6 décembre 2012, 23); ainsi qu'un second, ouvrant par huit tiroirs en façade, qui est illustré dans P. Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIe siècle, Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Les éditions de l'Amateur, Paris, 2002, p.557. Jean-François Leleu naît à Paris en 1729. Tout d'abord, il exerce en tant qu'ouvrier libre dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine, puis il intègre l'atelier de Jean-François Oeben, ébéniste-mécanicien du Roy, où il a comme compagnon Jean-Henri Riesener. A la mort du maître en 1763, Leleu et Riesener s'affrontent pour la succession, finalement Riesener l'emporte et épouse la veuve d'Oeben; Leleu gardera une rancune tenace envers son confrère, futur ébéniste du Garde-Meuble de la Couronne. Leleu fait alors enregistrer ses lettres de maîtrise le 19 septembre 1764 et ouvre une boutique rue de la Contrescarpe, puis déménage rue Royale dans une maison plus vaste. Dès 1789, Leleu est mentionné comme un ancien ébéniste, mais c'est certainement en 1792 qu'il cède son atelier à son gendre Charles-Antoine Stadler. Probablement due à son inimitié envers Riesener, Leleu ne travaille quasiment pas pour la Cour, ses meubles se destinaient de préférence à une clientèle de riches amateurs et de grands collectionneurs.
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