STATUE DE SAINTE ÉLISABETH DE HONGRIE Bois…

Lot 69
25 000 - 30 000 €
Résultat: 70 000 €

STATUE DE SAINTE ÉLISABETH DE HONGRIE Bois…

STATUE DE SAINTE ÉLISABETH DE HONGRIE Bois de tilleul en grande partie polychromé H.: 107,5 cm Allemagne ou Europe centrale Début du XVIème siècle Très bel état de conservation Fille heureuse du roi de Hongrie André II, Elisabeth épouse le margrave Louis de Thuringe, qui meurt peu après dans une croisade en Italie. Sa vie commencée comme un conte se mue en tragédie. Isolée, plongée dans un dénuement profond, elle trouve la force d'accepter sa nouvelle condition grâce à une profonde dévotion. Elle prend le voile du tiers ordre de saint François et voue le reste de sa courte vie aux nécessiteux. Cette sculpture d'une grande tendresse, en bois polychromé et doré, résume l'humilité et la force d'âme d'Elisabeth de Hongrie. Vêtue comme une princesse, elle distribue les aumônes aux pauvres et aux malades. Elle tient dans ses mains très fines les deux attributs qui désignent ses oeuvres de charité chrétienne: le panier tressé qui transporte la nourriture et le pain qu'elle distribue généreusement à ceux qui ont faim. Elle se situe dans la lignée des "belles Madones", adopte leurs formes légèrement sinueuses, leurs lignes souples et leur drapé ample et onctueux. Une grande sérénité se lit sur son visage ovale, légèrement incliné, au front haut et aux pommettes roses, au teint porcelainé et aux paupières mi closes. Les arcades sourcilières relevées se rejoignent sur la fine arête du nez. L'expression tendre et idéalisée de la sainte peut être rapprochée de celle de la Vierge polonaise de Kruslowa. Le traitement des longs cheveux ondulés relève de l'influence germanique, comme la coiffe en forme de turban adoptée dans la sculpture européenne à la fin du XVème siècle (cf. sainte Catherine du musée de Dijon). Sous la taille haute, les plis lourds et réguliers de la robe s'évasent en éventail. Un long manteau de pourpre et d'or la recouvre, dans une cascade complexe de plis d'une grande virtuosité. Le dos de la statue est évidé, permettant au bois de jouer sans se fendre. La sculpture provient vraisemblablement d'un retable. Ce grand décor d'église prend à la fin du XVème siècle une importance sans précédent dans le Saint Empire et sur ses marges polonaise, hongroise et slovaque. Les sculptures étaient travaillées couchées, fixées par un étau sur la tête et sous la base, et taillées dans une pièce de bois de tilleul, de chêne ou de noyer. L'expression idéalisée, le travail des plis et des mèches de cheveux se rattachent au "weicher Stil", manifestation germanique du gothique international. Mais le canon court et le mouvement plus réaliste, le frémissement d'une émotion plus humaine semblent les signes annonciateurs d'une nouvelle influence: Les Cours d'Europe centrale et d'Allemagne s'ouvrent au début du XVIème siècle à l'art de la Renaissance italienne. Le culte de sainte Elisabeth a donné lieu à l'édification de nombreux sanctuaires, comme celui de Kozice, dotés de grands retables qui lui sont consacrés. Grâce à son excellent état de conservation, à sa polychromie d'époque et à son esthétique raffinée, cette remarquable statue de sainte Elisabeth en fournit un témoignage rare et extrêmement convaincant. Références: Sainte Catherine d'Alexandrie- Allemagne du sud- musée des Beaux Arts Dijon Madone de Kruslowa v.1410- musée de Cracovie Bibliographie: A. Segard "L'iconographie de sainte Elisabeth de Hongrie" C. Limentani- Virdis "Retables: l'âge gothique et la Renaissance" - Ed. Citadelles Mazenod- 2001 Catalogue exposition "Sculptures allemandes de la fin du Moyen âge"- Ed. RMN- musée du Louvre- 1991 Catalogue exposition" D'or et de feu: l'art en Slovaquie à la fin du Moyen âge"- Ed. RMN- musée national du Moyen âge- 2010
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